Ville de NEUILLY-PLAISANCE
Accueil


Les premiers pas de Neuilly-Plaisance

A la fin de 1892, la Compagnie des chemins fer de l’Est peut désormais informer le maire qu’elle va modifier les écriteaux de la station de Rosny pour y ajouter le nom de Neuilly-Plaisance qui sera appelé à l’arrêt des trains en même temps que celui de Rosny-sous-Bois. Enfin, lundi 6 février 1893, à huit heures, on assiste à l’ouverture de l’école mixte du plateau d’Avron : les enfants n’auront plus à accomplir un long parcours par le chemin pénible et périlleux des Fauvettes. Le progrès lui aussi est en marche. Ainsi, si la commune réunit cinq ou six adhésions, l’administration des postes établira quant à elle un service téléphonique sous la forme d’une cabine rattachée au réseau parisien par Rosny ou Nogent. Dans le même temps un arrêté du ministre du Commerce et de l’Industrie transformera la recette municipale des postes et télégraphes de Neuilly-Plaisance en bureau d’Etat.

Pour ne pas être en reste, la Compagnie du gaz proposera d’installer gratuitement six becs de gaz. Le conseil en déterminera les emplacements : chemin des Peupliers, rue de Verdière, rue des Potagers, rue des Ramiers, rue de la Marne et au plateau d’Avron.

Par ailleurs, les travaux d’installation d’une ligne de tramway vont commencer. La compagnie procèdera à l’arrachage des arbres de l’avenue de la Station du côté où sera appuyé le tramway. Le sieur Bourgine touchera 250 francs pour ce travail à condition que douze arbres abattus soient réservés aux pauvres comme bois de chauffage.

Non content de cette première "victoire", les 15 janvier 1893, 15 novembre 1894, 16 juin 1895 et 15 novembre 1896, le conseil municipal de Neuilly-Plaisance émit et renouvela inutilement des voeux tendant à obtenir le rattachement de la nouvelle commune au département de la Seine.

Il est considéré en premier lieu que le territoire de Neuilly-Plaisance est limité d’un côté par cinq communes du département de la Seine (Bry-sur-Marne, Le Perreux, Fontenay-sous-Bois, Rosny-sous-Bois, Villemomble) et de l’autre par Neuilly-sur-Marne, dont 308 hectares sur 695 sont détenus par l’asile d’aliénés de Ville-Evrard appartenant alors au département de la Seine.

En second lieu que, pour se rendre d’une part au chef-lieu de canton, Le Raincy, il faut traverser le département de la Seine et d’autre part que, pour se rendre au chef-lieu d’arrondissement de Pontoise à 42 km ou au chef-lieu de département de Versailles à 32 km, il est presque indispensable de passer par Paris dont le centre n’est qu’à une dizaine de kilomètres.

D’ailleurs, Neuilly-Plaisance n’est pas la seule commune concernée. Dans une lettre aux conseillers généraux de la Seine, les onze communes du canton du Raincy affirment leurs opinions séparatistes. Les arguments sont de taille. N’est-il pas inhumain d’envoyer les malades à l’hôpital de Gonesse au risque de les faire mourir au cours d’un trajet en voiture de deux heures et demie sans être assuré de trouver un lit ? Est-il admissible de se rendre pour les affaires administratives, litigieuses, commerciales, judiciaires, criminelles à Versailles ou à Pontoise en passant par Paris, au préjudice des contribuables, des justiciables, des magistrats, mais au grand avantage des criminels ?

Quant à l’intervention, auprès du ministre de l’Intérieur, de l’ambassadeur de France en Angleterre De Courcel, pour obtenir le rattachement, elle ne portera pas plus de fruits. La réponse sera un non courtois mais ferme. Toutes ces revendications resteront donc sans effet. Il faudra attendre 1964 pour que les départements de la région parisienne soient restructurés, mais cela ne rattachera pas pour autant la commune à la Seine.

 

La célébration de Neuilly-Plaisance

Le premier et tout récent conseil municipal ayant arrêté la date du 24 juillet 1892 pour inaugurer la mairie et fêter la constitution de la nouvelle commune, un crédit de 400 francs est voté à l’unanimité et Bouzigues, président de la Société d’Horticulture, offre de se charger de la décoration de la mairie sans qu’elle n’ait à engager de frais.

En ce 24 juillet, on peut penser qu’il fait beau, comme toujours en plein mois de juillet, sauf à subir un de ces orages fracassants dont la région est coutumière. Le maire, celui de Neuilly-Plaisance, est nouvellement installé depuis que la loi du 13 avril 1892 promulguée par le président de la République en a décidé ainsi. La commune a reçu comme territoires les cantons de la Futaie, la Montagne, les Cahouettes, la Pelouse de Neuilly, les Cailloux, les Roses, les Nivards, les Morands, les Saint-Denis, le Grand Sentier, les Carrières et le Bois de Neuilly.

Antoine Bordier, le maire, s’apprête donc à célébrer solennellement l’inauguration de la commune forte de 3 000 habitants alors qu’ils ne sont guère plus de 1 800 à Neuilly-sur-Marne. Il a convié son désormais collègue Léclaire, maire de Neuilly-sur-Marne. Il est temps d’oublier aujourd’hui ce qui a bien pu déclencher les "hostilités". On ne sait d’ailleurs plus très bien si ce sont ceux du Val Plaisance qui ont souhaité se séparer de leurs voisins en trop faible minorité ou ceux de Neuilly-sur-Marne qui ont voulu la séparation avec ces nouveaux venus trop encombrants.

Nul doute que la Société d’Harmonie a dû être de la partie. Est-il possible d’envisager un tel événement sans musique, surtout lorsque l’été, est au mieux de sa plénitude ? Peut-être y eut-il bal, voire même une rosière et un corso fleuri, et pourquoi pas des farandoles. Il y eut certainement des discours, du préfet, du président du conseil général de Seine-et-Oise, du curé, de bien d’autres encore. Ce qui est sûr, c’est que ce fut une belle fête. On a dû boire plus que de coutume le petit vin local, même si les vignes sont devenues rares depuis que les péniches apportent les vins de Loire à Bercy. Mais on a bu quand même cette petite piquette qui fait la fierté de son producteur. Tout le monde a mis les habits du dimanche, le col amidonné, même s’il fait un peu chaud, la casquette pour les uns, le chapeau pour les autres. Les dames en belles robes et les jeunes filles des fleurs dans les cheveux. Il y eut aussi des curieux, de ceux qui le dimanche, venant de Paris gagnaient les guinguettes des bords de Marne. Les réjouissances terminées, il a bien fallu régler les dépenses, d’autant plus que les 400 francs prévus à l’origine n’y ont pas suffi, car c’est en effet plus de 709 francs qu’ont coûtés ces légitimes libations

 

 

Galerie photos

Toutes les galeries