Ville de NEUILLY-PLAISANCE
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L'ére des lotisseurs

Du Second Empire à la guerre de 1870

Marécages du côté de la Marne, vignes sur les coteaux qui grimpent vers le plateau d’Avron, bois sans doute habités par quelques bûcherons, quatre ou cinq maisons, quelques prés et cultures, tel est au milieu du 19ème siècle le paysage de ce qui deviendra Neuilly-Plaisance. En fait, c’est le village de Neuilly-sur-Marne qui regroupait la quasi-totalité des "feux" : en 1792, la population comptait déjà près de six cent vingt habitants.

Il faut attendre le développement rapide des affaires sous le Second Empire pour que le fils d’un notaire parisien, Charles, Henri, Désiré Poulet-Langlet, achète les terres boisées et marécageuses qui recouvraient l’actuel territoire de Neuilly-Plaisance.

Les actes notariés passés en 1861 devant maître Carré, notaire à Neuilly-sur-Marne, indiquent les noms des propriétaires qui cèdent leurs terres au futur lotisseur, ainsi que leur superficie et leur prix. Un calcul rapide montre que l’acheteur fait une très bonne opération. Poulet-Langlet acquiert environ 80 hectares pour 252 000 francs, soit un quart de la superficie de la future commune. Les terres achetées en moyenne 30 centimes le mètre seront revendues de 75 centimes à 2 francs avec une majoration de 25 à 50 centimes si elles portent des vignes ou des arbres fruitiers.

L’acte de vente prévoyait que le lotisseur s’engageait à créer un certain nombre de voies. Les voies principales devaient avoir au moins dix mètres de largeur : avenues de la Station, Sainte-Anne, Léopold et de Plaisance ; les voies secondaires huit mètres : rues de la Marne, de Beauté, de la Pelouse, des Cultures Maraîchères, des Belles-Vues, Caroline, du Bois d’Avron, des Potagers, Saint-Fiacre, du Coteau des Vignes et Clémentine ; les autres voies étaient des voies publiques existantes : chemin des Cahouettes, ruelle du Bois de Neuilly, chemin vicinal de Rosny à Neuilly, chemin des Vaches et enfin chemins de Meaux et de la Maison Blanche. Le cahier des charges prescrivait aussi un certain nombre d’engagements de Poulet-Langlet : prohibition d’implantation d’établissements insalubres répandant de mauvaises odeurs, interdiction d’exploiter des carrières à plâtre pendant une période de sept ans.

Ces territoires se peuplèrent rapidement. Poulet-Langlet installa un bureau de vente dans une maison en bordure de la route de Strasbourg (RN 34). En divers endroits, et en vue d’activer les ventes, il construisit lui-même quelques maisons qui furent ainsi les premières de l’agglomération nouvelle. L’une était située rue des Deux Hameaux, une autre dans la même rue louée par Bourey, une troisième à l’angle du Canal et de la rue du Milieu, une quatrième enfin, louée à Genty, se profilait près du bassin du Canal et de la Cascade. L’agglomération prit alors le nom de Neuilly-sous-Bois. De son côté, Madame de Verdière avait construit quelques maisons dans les parages de la rue Désiré et le lotisseur en avait la gestion. Seule la partie basse boisée fut d’abord quadrillée en six cents lots, presque tous vendus en 1864.

Devant le succès de cette opération, Poulet-Langlet se rendit acquéreur du Grand Marais, zone très étendue qui avoisinait Fontenay-sous-Bois. Plus tard, il acheta le Petit Marais qui constituait une division du Val Plaisance. Ces terrains étaient de faible valeur et ne se vendaient guère plus de 15 centimes le mètre.

Entreprenant l’œuvre indispensable d’assainissement de ces lieux, Poulet-Langlet fit creuser un canal qui porta son nom. Dans le cahier des charges de 1863 il était stipulé que la navigation y était permise mais que les nacelles devaient être de la plus petite dimension, faites et conduites de manière à ne pouvoir endommager ni les berges ni les talus, et ne pas se nuire réciproquement en navigant. Ce canal suivait le cours d’un ruisseau venant de Fontenay-sous-Bois dont on avait approfondi le lit : la rivière Madame. Il commençait au passage Gauthier, passait entre les rues du Chalet et de la Prairie, traversait sous l’avenue du Bois de Neuilly, sous les chemins de Meaux et des Promenades. Il gagnait alors l’avenue Faidherbe à travers les propriétés avoisinantes, puis longeait la rue du Canal jusqu’au boulevard de la Marne, rivière dans laquelle il se jetait. Le drainage avait été efficace mais les eaux répandaient sur tout leur parcours une odeur pestilentielle. Elle provenait d’une part des maisons voisines qui y déversaient leurs eaux usées et d’autre part de Fontenay-sous-Bois et Rosny-sous-Bois qui y envoyaient leurs égouts, bientôt rejoints par ceux du Perreux.

Devant cette nuisance, qui allait vite devenir insupportable pour les riverains et les alentours proches, la municipalité fut conduite à engager près de 30 ans plus tard, un programme d’assainissement qui était également destiné à drainer l’immense marécage de la mare au Nombry, l’actuel stade municipal. Quant au plateau d’Avron au sous-sol glaiseux, il était souvent inondé en maints endroits avec formation de mares permanentes : avenues des Vignes, de Rosny, de l’Ouest et Grande Avenue.

Poulet-Langlet poursuivit sa vaste entreprise et lotit également le Jardin des plantes. Le hameau du Bois de Neuilly était réputé pour son bon air et la proximité de la Marne en faisait un endroit recherché des Parisiens. Près de la rivière, les parties les plus basses n’étaient que des marécages impraticables.

 

Après la guerre de 1870

Dès que la Guerre de 1870 fut terminée, Poulet-Langlet reprit ses activités de lotisseur et rouvrit son bureau de vente de l’ex-route impériale. C’est à ce moment que l’expansion de l’agglomération prit son réel essor. Si, en effet, beaucoup de terrains avaient été vendus au cours des premières opérations, en revanche peu de maisons étaient construites ainsi que l’attestent les cartes de l’époque. Seuls quelques pâtés de pavillons constituaient l’embryon de la future commune. Ils se situaient pour l’essentiel long de la route qui va de la Maltournée à l’église, ainsi qu’aux environs des rues Désiré, de la Station et des Belles Vues, toutes parties composant Neuilly-sous-Bois.

A la requête des syndicats de propriétaires, le conseil municipal de Neuilly-sur-Marne, dans sa séance du 13 mai 1868, décidait d’appeler les deux hameaux Neuilly-Plaisance. Leurs élus étaient d’ailleurs en passe de devenir majoritaires aux conseils municipaux devant ceux de l’ancien bourg de Neuilly-sur-Marne.

Les nouveaux habitants leur imposèrent alors la construction d’une école dont le coût s’éleva à 86 000 francs. C’était dans le souci d’éviter aux quarante à cinquante enfants de Neuilly-sous-Bois, dont plus de la moitié avait moins de sept ans, de parcourir les quelque trois kilomètres conduisant à l’école de Neuilly-sur-Marne. Ils demandèrent également la construction d’un immeuble pour un montant de 75 000 francs et l’aménagement d’un terrain pour un cimetière, engageant de la sorte une somme supplémentaire de 14 000 francs. Dans le même temps, dans le centre de Neuilly-sur-Marne, la mairie et l’école demeuraient en l’état alors qu’elles avaient grand besoin, l’une comme l’autre, d’importantes réparations.

Qui plus est, un mouvement séparatiste avait pris germe au plateau d’Avron. Les raisons en étaient multiples :

  • L’éloignement de la mairie de Neuilly-sur-Marne qui exigeait des Avronais de très longs déplacements d’une part,
  • L’activité du syndicat qui administrait le lotissement pour l’entretien des avenues en percevant annuellement un centime par mètre carré de terrain que possédait chaque propriétaire d’autre part,

Enfin le partage mal délimité de la gestion des lotissements entre la municipalité et le syndicat.

Tout ceci était annonciateur de la séparation entre la commune mère et les trois hameaux, Avron, Val Plaisance et le Bois de Neuilly.

 

 

 

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