Ville de NEUILLY-PLAISANCE
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La séparation des deux communes par consentement mutuel

L’urbanisation croissante avait engendré bien évidemment une augmentation de population qui amena assez vite la question de la séparation. Elle fut posée dès 1887. Dans sa séance extraordinaire du 26 septembre, il a été donné lecture au Conseil municipal de Neuilly-sur-Marne d’un arrêté préfectoral en date du 6 septembre, relatif à la convocation des électeurs pour la nomination de deux commissions des hameaux de Neuilly-Plaisance et d’Avron.

Ce premier projet a été repoussé par douze voix contre sept et deux abstentions. D’autres enquêtes eurent lieu en 1889 et en 1890. Au cours de ces enquêtes se posèrent les inévitables problèmes de frontière qui surgissent dès lors qu’est évoquée toute hypothèse d’autonomie d’un territoire. Ainsi, dans une autre délibération du conseil municipal de Neuilly-sur-Marne, datée probablement de 1887, un conseiller fait remarquer qu’à 250 mètres de la limite proposée par le commissaire enquêteur, il existe le chemin Perche qui peut, au mieux des intérêts des deux nouvelles communes, être fixé comme limite, évitant ainsi des frais supplémentaires de voirie. Par ailleurs, il signale que le territoire attribué à la section de Neuilly-Plaisance est tout à fait insuffisant. En effet, Neuilly-sur-Marne aurait, proportionnellement au nombre d’habitants, le double du territoire de Neuilly-Plaisance.

Ce qui allait devenir Neuilly-sur-Marne comptait alors 1 800 habitants sur les 4 800 de la totalité de la commune. Une première enquête avait déjà eu lieu le 24 juillet 1887, vraisemblablement conduite par Muret qui devait être alors commissaire enquêteur et un premier projet assorti d’un plan de découpage avait été proposé au conseil municipal. Or, quelques mois plus tard, lors d’un débat sur cette question cruciale, ce plan avait mystérieusement disparu, remplacé par un contre-projet établi par Lévy.

D’un autre côté, la loi municipale du 5 avril 1884, en son article 12, stipule que la séparation ne peut être demandée par la "commune mère". En conséquence, il revenait aux habitants de Neuilly-Plaisance d’être à l’initiative de la démarche. Cependant, la pétition qu’ils avaient rédigée et sur laquelle reposait tout le projet avait été abandonnée, désavouée et avait même été combattue par ses auteurs. Il y avait eu par ailleurs, en date du 16 avril 1887, une délibération du conseil général de Seine-et-Oise au cours de laquelle, après avis du conseil d’Etat, les séparatistes avaient tout lieu d’espérer une issue favorable à leur requête au cours de l’année 1890. Le conseil municipal, s’étant rangé aux avis dictés par le bon sens, tomba d’accord sur le projet de découpage proposé par le préfet. Il invitait ce dernier à régler cette affaire avec toute la diligence requise. Globalement, il en résulta que les élus étaient pour la séparation et que le réalisme remportait sur les revendications de maintien de l’intégrité du territoire communal. De toute évidence, la séparation était probablement la seule issue favorable aux élus de Neuilly-sur-Marne, qui risquaient bien vite de se voir absorbés par la montée démographique de Neuilly-Plaisance.

La question de l’hôpital de Ville-Evrard qui comporte 1 250 malades à l’époque, demeurait alors l’ultime problème.

En effet, Neuilly-sur-Marne ne souhaitait pas céder ces terrains à la future commune, l’inhumation des aliénés procurant un rapport substantiel à la municipalité. Cette question ne constitua cependant pas un obstacle majeur à la séparation. A cette date, le projet attribua 328 hectares à Neuilly-Plaisance pour 3 065 habitants et 695 à Neuilly-sur-Marne pour 1 750 habitants seulement, soit une superficie plus que double compte tenu de l’asile d’aliénés, pour une population deux fois moindre. La dernière contestation territoriale porta sur la longueur des bords de Marne à attribuer à Neuilly-Plaisance. Cette question fut cependant également vite résolue, au détriment de Neuilly-Plaisance qui ne s’est vu octroyer que 600 mètres de berges contre plus de 4 kilomètres pour Neuilly-sur-Marne.

Enfin, les 30 mars et 14 avril 1889, un arrêté préfectoral ordonna une dernière enquête et un ultime complément d’enquête. Le 4 mai 1889, une délibération du Conseil général de Seine-et-Oise abonda dans le sens de la séparation. En juillet 1889, une pétition adressée au conseil municipal de Neuilly-sur-Marne demanda un desservant pour la chapelle de Neuilly-Plaisance, confirmant s’il en était besoin la volonté des habitants du Val Plaisance et de Neuilly-sous-Bois d’acquérir leur autonomie.

Le 16 février 1892, on s’achemine enfin de la conclusion de cette délicate "affaire". Le député REYBERT, dans la séance à la Chambre consacrée à l’érection en commune distincte de Neuillly-Plaisance, peut donner lecture de son rapport mettant un terme, cette fois définitif, aux multiples revendications des uns et des autres. Il consacre ainsi l’accord intervenu après de laborieuses négociations :

Le village ancien se compose d’une population essentiellement agricole, alors que Neuilly-Plaisance est constituée par de nombreuses maisons de campagne qui ont été construites à partir de 1870. La division existant entre les deux parties de la commune s’est reproduite au conseil municipal et la section la moins populeuse, Neuilly-sur-Marne, renonçant à l’espoir d’obtenir la majorité, réclame avec la plus grande énergie la séparation ; tandis que la section la plus populeuse, Neuilly-Plaisance, assurée d’avoir seule la direction des affaires communales, demande non moins énergiquement le statu quo.

Les choses étant ainsi parfaitement résumées, la Chambre est appelée à se prononcer sur le texte de loi numéro 24 988 du 13 avril 1892 qui "distrait" de la commune de Neuilly-sur-Marne les sections de Neuilly-Plaisance et du plateau d’Avron et les érige en communes distinctes. Du côté de la nouvelle commune, toutes les affaires, notamment financières, ne sont pourtant pas intégralement réglées en avril 1892. Ainsi qu’il est rapporté dans le registre des délibérations du conseil municipal de Neuilly-Plaisance, les délégués de la commission des finances de Neuilly-Plaisance réunis avec ceux de Neuilly-sur-Marne sont tombés d’accord sur le règlement des comptes du projet de partage. Toutes les difficultés sont aplanies. Ce qui reste à régler n’est plus qu’une question de chiffres qui sera confiée à une "sous-commission" nommée à cet effet. Ainsi en va-t-il de la résolution des affaires, l’essentiel étant d’avoir créé la sous-commission ad hoc pour permettant de mettre une pause dans tous ces litiges plus ou moins mineurs. En ce mois de juillet, la vie municipale est désormais en route.

 

 

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